Depuis très longtemps, Olympia avait décidé de partir faire un tour du monde. Le voyage repoussé à quelques mois du départ à cause d’une fracture du genou, elle attend 6 années de plus pour finalement réaliser son rêve.

Elle est partie pendant 8 mois de septembre 2011 à mai 2012.

Le tour du monde d’Olympia : Écouter le témoignage audio

Transcription texte de l’interview

Bonjour Olympia

Bonjour Sandrino

Nous sommes ici avec toi aujourd’hui pour en savoir plus sur le tour du monde que tu as fait l’année dernière. Tout d’abord, quand es-tu partie ?

Je suis partie du 29 septembre 2011 au 31 mai 2012. Ce sont des dates qu’on n’oublie pas, d’autant plus que j’ai appelé mon expo photo (ndlr : réalisée à la suite de son voyage) « 243 jours d’émotions » qui était dès le départ le décompte de ces 8 mois.

Pourquoi es-tu partie ?

Disons que cela s’est pratiquement imposé à moi car j’aimais énormément voyager. J’ai le virus du voyage depuis très longtemps. Et quand on commence, on n’a plus envie de s’arrêter.

C’est un voyage que j’avais en tête depuis que j’avais 20 ans. Je voulais alors partir vivre à l’étranger. Et puis les années sont passées, j’ai commencé à travailler, j’étais bien dans mon travail.

Beaucoup plus tard, je me suis rendue compte que les années passaient et que ce rêve que j’avais depuis toujours était régulièrement repoussé et que je ne devais plus attendre pour le réaliser.

Il y a 8 ans, je me suis donc décidée à partir. J’avais préparé ma lettre de demande de congé sabbatique. Et un mois avant de remettre cette lettre à mon employeur, je suis partie faire du ski et la petite semaine de ski s’est transformée en 4 mois d’hôpital.

Je me suis fracturé le genou assez sévèrement et c’était un choc. La première chose à laquelle j’ai pensé alors que j’étais sur la piste en train d’atteindre les secours, c’était le fait de ne pas pouvoir partir. Et quand j’ai su que j’allais devoir attendre beaucoup de temps pour m’en remettre, cela a été très dur.

Tu as du revoir ton organisation pour ce voyage ?

Oui car je ne pouvais pas partir exactement dans les conditions prévues initialement. Je me suis donc décidé à partir mais en modifiant certains aspects du voyage notamment des marches et porter un sac moins lourd. Mais je voulais absolument partir.

Quand t’es-tu décidée la seconde fois alors ?

Je m’étais donnée une date limite pour décider de mon départ : le 31 décembre 2010 à minuit. Et au moment où on a tous trinqué à minuit, j’ai pris la décision de partir mais je ne l’ai pas communiqué autour de moi.

Je me suis dit que ce n’était pas un challenge, que je n’avais rien à prouver en le faisant. Et cela me laissait plus facilement la possibilité de revenir sur cette décision si je le décidais.

Et tu avais de partir à quelle moment ?

L’idée était de partir au mois de septembre.

Tu t’y es donc prise 9 mois avant. Comment t’es tu organisée à partir de cette décision ?

Le plus important est de déposer sa demande de congé sabbatique au moins 3 mois avant le départ souhaité. Étant donné que je voulais rester en de bons termes avec ma société et ne pas leur poser de problèmes, j’ai déposé ma demande très en avance, au mois d’Avril, exactement au même moment que ce qui était prévu 6 ans plus tôt.

J’ai donc envoyé ma lettre, ils avaient un mois pour répondre et la RH m’a contacté 10 jours après pour me notifier de leur acceptation.

Et concernant la planification des endroits à visiter ?

Disons que comme j’y avais déjà bien réfléchi 6 ans auparavant, c’était plutôt simple. Je savais que je souhaitais visiter en Asie, j’avais envie de revenir vivre ce bonheur dans cette zone avec plus de temps et de liberté.

Je voulais absolument aller en République Dominicaine dans un petit village de pêcheurs (ndlr : Las Galeras) pour lequel j’ai eu un coup de foudre il y a quelques années de cela et où j’ai des amis proches.

J’avais aussi prévu d’aller en Argentine pour voir toute ma famille car je suis franco-argentine. Mes parents sont nés là-bas et je ne connais pratiquement pas le pays, j’y étais allée seulement deux fois et à Buenos Aires seulement. Un cousin Argentin m’avait d’ailleurs conseillé pour définir un itinéraire me permettant de visiter les plus beaux endroits d’Argentine.

Tu avais décidé de commencer par quelle ville ou pays ?

J’avais décidé de commencer par le plus facile, l’Argentine. Car ce projet, j’avais souvent eu en tête de le faire à deux et les choses ne se sont passées de cette manière là. Ce n’était pas facile de partir seule alors je voulais me faciliter la tâche. Et c’est pour cette raison que j’ai commencé par l’Argentine, dans ma famille à Buenos Aires.

L’idée était ensuite de faire un saut dans le nord à Iguazu, puis me rendre tout au sud en Patagonie, et de remonter l’Argentine pour me rendre ensuite au Chili, en Bolivie et au Pérou.

Puis je me suis rendue en République Dominicaine où je suis restée deux mois. Je suis allée ensuite dans le Yucatán au Mexique. Puis je me suis rendue à Los Angeles où j’ai de très bons amis qui m’ont chouchouté pendant une semaine. Puis je suis partie en Thaïlande, au Vietnam, Hong Kong.

Je voulais terminer en beauté sur une plage de rêve, j’ai donc choisi Bali sur une toute petite ile de 3 km carré qui s’appelle Gili Air.

Tu connaissais les endroits où tu voulais aller, est-ce que la préparation a été compliquée ?

J’étais tout d’abord allée à la bibliothèque à côté de chez moi emprunter des guides. Je crois que j’avais 18 guides du routard et autres guides en permanence chez moi (rires). La première chose est de dégrossir car on ne peut pas tout voir en se rendant dans un pays. Il faut définir quels sont les endroits qu’on ne veut pas manquer dans ce pays. Il faut faire des choix.

Pendant toute l’année, je notais tout ce qui m’intéressait dans un cahier que j’utilisais pour la préparation du voyage. Ensuite, sur place, tu peux toujours improviser et te rendre dans un endroit que tu n’avais pas prévu, sur des conseils de voyageurs que tu croisais sur la route. On s’échangeait nos bons plans entre voyageurs.

Est-il préférable de suivre un planning ou peut-on tout improviser sur place ?

Cela dépend de chacun. Avant de partir, mes amis me disaient que je préparais trop le voyage, que je pouvais partir les mains dans les poches et que j’aviserai sur place. Je réfute cette approche car de toute façon, on continue la préparation sur place. Le fait de préparer fait gagner du temps sur place. Il y a des plans qu’on prépare avant et d’autres qu’on trouvera sur place.

Quitter sa vie quotidienne pendant 8 mois, cela demande aussi une préparation ?

Tout à fait. Afin de partir l’esprit tranquille, lorsque l’on a des factures à payer, les impôts, il faut effectuer des démarches afin de ne pas avoir de problèmes. Tout ce côté administratif à gérer ainsi qu’éventuellement e des demandes de visas selon les pays où tu souhaites te rendre. Tu trouves des sites qui te proposent des check lists de choses à ne pas oublier avant de partir.

Ca va des vaccins à faire avant de partir, aux médicaments à emmener sur place, etc… Il faut aussi penser à la gestion des accès à tes comptes sur les sites internet comme ta banque ou la sécu si tu as besoin de les contacter, scanner tous tes papiers d’identité au cas où tu les perdrais sur place et que tu puisses y accéder tout en préservant leur confidentialité. Il y a beaucoup d’organisation.

Et pour le choix du contenu de ton sac à dos ? Maillots de bain pour la plage et grosse doudoune pour l’escapade en Patagonie ?

En fait, l’organisation avait été prévue pour gérer ces différences de température. J’ai commencé par des zones plus froides en début de voyage, comme la Patagonie (Argentine), mais aussi à Cuzco au Pérou et en Bolivie. Puis j’ai laissé toutes mes affaires d’hiver ainsi que des souvenirs des endroits visités à des amis résidant en république Dominicaine, afin qu’il puisse me les ramener quand ils viendront en France.

Tu as pu ramener beaucoup de souvenirs des pays visités ?

Oui mais pas autant que j’aurai souhaité. Car il y a plein de choses que j’avais envie d’acheter mais j’étais limitée en espace et en poids à cause de mon genou. J’avais déjà 22 kilos en permanence. Et quand tu décides d’acheter quelque chose, ça devient un doudou en quelque sorte (rires).

Combien t’a coûté ce voyage et est-ce que le poste de dépense principal concerne les billets d’avion ?

Tout d’abord, il y a deux possibilités. Il y a ceux qui prennent un aller simple pour se rendre sur un continent, qui visitent sur place autant qu’ils souhaitent et reprennent un billet de retour sur place. De mon côté, c’était ma première fois, je partais seule et j’ai choisi d’aller voir une agence de voyages en bas de chez moi et qui proposent des billets tour du monde.

J’en ai eu pour 3800€ pour 10 vols, ce qui est très intéressant. En revanche, il y a des contraintes puisqu’il faut choisir les destinations dès le départ, on n’a pas la possibilité de faire plus de 3 arrêts par continent, on doit toujours aller dans le même sens horaire, par exemple d’est en ouest. Le point positif, c’est que l’on peut modifier les dates des vols, ce qui fait l’objet de frais de modification.

As-tu modifié une date de vol ?

En ce qui me concerne, je n’ai modifié aucun vol. Cela permet également de faire les choses prévues. Car quand tu arrives dans certains endroits, tu n’as plus envie d’en bouger.

Le budget global ?

1000 euros par mois en moyenne, comprenant les souvenirs. Cela fait donc 8000€ sur place + les billets d’avion, ce qui donne un peu moins de 12 000€.

Tu es partie seule. Est-ce que cela a été difficile, notamment du fait que tu sois une fille partant seule ?

Je ne te cacherai pas que j’avais de l’appréhension, j’avais même très peur. Et puis, dès que j’ai quitté Buenos Aires et que j’ai commencé à voyager toute seule, le premier soir, j’étais dans une auberge de jeunesse.

En 5 mn, on m’avait invité à partager mon diner avec d’autres voyageurs. Du coup, le lendemain, je suis partie avec eux. Ca commençait donc très bien.

Et par la suite, je me suis rendue compte qu’il y avait énormément de femmes seules. Je me souviens avoir demandé à un réceptionniste d’un hôtel s’il y avait beaucoup de femmes seules. Il m’avait indiqué qu’il y a 5 ans, il voyait beaucoup de jeunes hommes voyageant seuls mais que la tendance s’était inversée et qu’il voyait maintenant plus de femmes seules. Ce qui m’a rassuré.

Tu avais donc souvent de la compagnie ?

Oui mais je ne sais pas si c’est le fait de mon âge mais je me suis sentie assez rapidement très bien toute seule sur place. Ce que je redoutais initialement de ne pas pouvoir partager ces moments avec quelqu’un, je me suis rendue compte sur place que ça me comblait totalement d’être là-bas, de tenir mon blog de façon assidue, de poster quotidiennement des photos sur facebook.

Et ça a joué un rôle très fort parce-que je me sentais en lien avec mes amis tout en passant des moments avec des personnes que je rencontrais sur place. J’étais euphorique pendant 8 mois de tous ces moments passés, je ne ressentais pas finalement le besoin d’être avec des gens.

Ton meilleur souvenir du voyage ?

Difficile de choisir, tellement j’ai connu de merveilleux moments. Mais je dirai que c’était au sud-ouest de la Bolivie dans le Salar du Uyuni, proche de la frontière chilienne. Une excursion de 3 jours en 4×4 au sein d’un groupe de 4 voyageurs, accompagnés d’un guide cuisinier et d’un chauffeur. Tous les jours, en permanence, tu vois des paysages magnifiques, à couper le souffle. Chaque jour est encore plus beau que le précédent, c’est fantastique.

Une anecdote concernant ton voyage ?

J’étais au Vietnam, je devais prendre un train de nuit et je devais attendre 5 heures à la gare. Alors j’ai décidé d’aller me faire masser. Je demande à des locaux, personne ne me comprend. Puis finalement on m’indique un petit passage un peu bizarre.

Je m’y rends quand même. Je vais à un comptoir, je paie le prix indiqué. Et juste après, je vois deux très jolies jeunes filles habillées avec des robes rouges très très courtes avec de hauts talons. Je me suis dit que j’étais tombée dans un hotel de passe (rires).

On me dirige vers une petite chambre où je vois une baignoire avec des petites lumières rouges, ambiance quartier rouge d’Amsterdam (rires). Je me suis demandé ce que je devais faire puis je me suis dit qu’il ne pouvait rien m’arriver. J’ai pris un bain puis une fille est arrivée, et elle m’a massé.

Elle ne savait pas vraiment masser d’ailleurs. Je n’étais pas très rassurée sur place mais j’en ai bien ri en sortant. En revanche, quand ma mère a lu l’article sur ce sujet sur mon blog, je me suis faite allumer (rires).

Est-ce que le retour n’a pas été trop difficile ?

Disons que 7 mois après, c’est encore extrêmement difficile, je m’y étais pourtant bien préparée. Comme je le disais précédemment, ce tour du monde n’était pas une fuite, je ne craignais donc pas de revenir.

Je m’étais vraiment conditionnée pour ce retour. Ce qui est bizarre, c’est que lorsque l’on rentre, tous les automatismes reviennent très rapidement en moins d’une semaine, comme si on n’était jamais parti.

Mais actuellement j’y pense tout le temps, c’est très difficile. Tous les jours, j’ai comme des flash qui me reviennent de ce voyage, des images des bons moments passés. Hier encore, j’étais en contact avec quelqu’un que j’ai rencontré sur place et il connait exactement la même situation.

Est-ce que cette expérience t’a changée ?

Quand j’étais sur place et quand je suis rentrée, je ne le pensais pas. On me posait la question mais je n’avais pas l’impression. Après tout, ce n’était pas un voyage initiatique, je suis partie à 41 ans, j’avais déjà un caractère bien formé. Mais je me suis complètement trompée.

Les modifications sont très profondes, de réelles ruptures sur certains concepts de la vie. Je me suis rendue compte que je n’avais plus envie d’être en ville mais de vivre dans la nature. En revanche, j’ai gardé l’envie de continuer à voyager. J’ai envie de profiter de la vie, je n’en ai qu’une.

Ta vie actuelle ne te convient plus ? As-tu prévu des changements ?

Disons que quand je suis rentrée, j’ai mis en place des expos photos de mon voyage, il y a eu mon blog qui restait actif et qui a connu beaucoup de succès. Tout cela m’a permis de prolonger mon voyage, d’être en contact avec des voyageurs, de continuer à en parler. J’ai besoin d’en partager et d’en parler. Pour la suite, je ne peux pas te dire encore…

Si tu devais recommencer, tu t’y prendrais de la même manière ?

Tout pareil. Je n’ai rien regretté de ce voyage. J’ai été fière d’avoir fait ce voyage.

Des conseils à donner à des personnes qui souhaiteraient se lancer dans cette aventure ?

Allez-y (rires) ! Même si vous êtes seuls. Tous ceux qui voyagent seuls disent en permanence qu’ils ne voyagent pratiquement jamais seuls sur place. Si tu veux être avec du monde, tu peux ne passer aucune minute seul.

Merci Olympia.

Merci de m’avoir permis de revivre ce magnifique moment.

Le tour du monde d’Olympia t’a donné envie ?

Jette un œil à l’article Les 7 questions à vous poser avant de faire un tour du monde qui te donnera des informations complémentaires.

Retrouve Olympia sur son site : Olympia On Board

Interview réalisée par Sandrino


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