Tifenn n’était jamais allée au Canada.

Pourtant, il y a 8 ans, elle quitte son emploi et part immigrer à Montréal dans la province du Québec.

Elle commence par de petits boulots puis réussit à trouver un travail correspondant à sa qualification.

Elle vit maintenant en couple et est devenue maman d’une petite fille.

Elle est heureuse de vivre à Montréal et nous explique pourquoi.

Témoignage de Tifenn, partie vivre à Montréal au Québec

Bonjour Tifenn, tu vivais et travaillais à Paris. Il y a 8 ans, alors que tu n’étais jamais allé là-bas, tu décides de partir vivre à Montréal au Québec. Tout d’abord, qu’est-ce qui t’a motivée à partir ?

Ma motivation principale était tout simplement le gout de l’aventure. En tant que Français, on n’a pas grand-chose à gagner en immigrant, notre pays est déjà en paix, les femmes ont des droits…

Comme toute personne qui a déjà passé un peu de temps à l’étranger (stage ou autre) on y prend vite gout.

C’était aussi un moment plus facile dans ma vie pour partir à l’aventure (pas d’enfant, de maison…)

Pourquoi le Québec ? Choix ou opportunité ? 

C’est un pays que je ne connaissais pas. Je n’étais jamais venue à Montréal. Par contre, je connais bien les États-Unis. Ce qui m’attirait était le mode de vie américain tout en étant proche de la culture française.

Ensuite parce qu’on y parle français. C’est plus facile pour trouver un emploi et aussi parce que les rapports entre la France et le Québec aident beaucoup (exemple : pas besoin de repasser mon permis de conduire…)

Comment as-tu trouvé ce nouveau travail ?

Il parait qu’il faut compter environ 1 an pour retrouver le statut que tu avais en France. Ça a effectivement été le cas pour moi.

J’ai commencé comme tout le monde avec des jobs alimentaires comme des centres d’appel (très facile à trouver), puis webmaster puis enfin Chef de projet web.

Le principal problème est qu’on nous demande de «l’expérience québécoise » et aussi le manque de réseau.

Ce qui m’a permis d’avoir mon premier emploi est une aide gouvernementale pour tout francophone de moins de 30 ans. Mon salaire était à moitié payé par le gouvernement québécois pendant 6 mois.

Je ne revenais donc pas très cher à mon employeur. Cela m’a permis d’avoir ma première expérience québécoise.

Pour info il existe plusieurs associations pour aider les jeunes, les femmes ou les immigrants à trouver des emplois.

As-tu démissionné ou as-tu demandé un congé sabbatique pour garder une sécurité de ton emploi ?

J’ai démissionné pour partir au Canada.

C’était risqué de quitter ton emploi. Qu’est-ce qui t’a permis d’être en confiance et de tout lâcher pour partir ?

Oui c’était risqué. Je savais que je trouverais un petit job alimentaire pour survivre. Aussi je savais que si ça n’allait vraiment pas, je pouvais toujours revenir en France.

De toute façon, notre dossier d’immigration n’est accepté que si on a un minimum d’argent afin de survivre au moins 6 mois sans revenu.

Comment ton départ a été accueilli par tes proches et tes amis qui vivent en France ?

Bien dans l’ensemble. Les gens sont contents pour toi, même s’ils ne réalisent pas tous que tu pars vraiment comme immigrant et non juste pour des vacances.

C’est sûr que ça demande des sacrifices, c’est un geste assez égoïste de quitter ses proches pour aller vivre ailleurs. Mes parents sont maintenant très contents de savoir que je suis bien où je vis.

Tu es partie seule, cela n’a pas dû être facile de tout quitter. Est-ce que tu connaissais déjà des personnes sur place ?

Oui, je connaissais un ami de la famille qui est venu me chercher à l’aéroport. C’est toujours mieux de connaitre au moins une personne au cas où.

En cherchant bien, on connait toujours quelqu’un qui connait quelqu’un qui vit au Canada. Le fait de partir seul fait un peu peur, mais c’est aussi une bonne façon de te forcer à t’intégrer et à t’ouvrir aux autres.

Mes amis venus en couple sont généralement moins bien intégrés.

Comment as-tu organisé ton départ ? Est-ce que tu t’es débarrassée de toutes tes affaires avant de partir ? Qu’as-tu emmené avec toi ?

Oui, j’ai tout laissé chez mes parents. Je suis partie avec un sac de 20 kg et j’ai réussi à faire passer une autre valise de 20 kg. Ça permet de faire le tri dans toute tes affaires !

Par contre avec le visa de résident permanent j’aurai pu faire venir plusieurs conteneurs légalement.

Quelles sont les démarches administratives pour travailler au Québec, est-ce que c’est simple ?

Je suis venue avec un visa de résident permanent, c’est-à-dire que je pouvais tout faire (sauf voter).

Il existe maintenant de nombreux visas. Le PVT (Plan Vacances Travail) est le plus connu. Il n’est pas cher, très rapide à avoir, mais ne dure qu’un an. Ensuite, il faut jongler avec des contrats de travail.

Les associations et le réseautage aident beaucoup pour faire ton CV (façon québécoise) et trouver un emploi.

Comment s’est passée ton arrivée là-bas ainsi que les premiers mois ? Est-ce que ce changement a été difficile ?

Je suis arrivée chez une colocataire québécoise que je ne connaissais pas, dans le but d’y rester quelques mois, le temps de trouver autre chose. Finalement, cette ancienne colocataire est devenue ma témoin de mariage.

Les premiers mois ne sont pas les plus difficiles. Il y a en général beaucoup de motivation, de courage, l’envie de découvrir.

La deuxième année est sans doute plus dure. Moins de support, la routine s’installe, la déception si on n’a pas trouvé d’emploi… et surtout, on compare tout avec la France.

Comment s’est passée ton intégration, bien qu’il semble qu’il y ait beaucoup de Français sur place ?

Oui il y a beaucoup de Français. Aussi beaucoup d’associations de Français, ce qui te permet de faire le touriste et surtout d’agrandir ton réseau.

Personnellement, ma grande chance a été que ma colocataire québécoise m’ait intégrée dans son groupe d’amis québécois. Cela m’a permis d’apprendre le québécois, la culture et les références québécoises (les chanteurs, les acteurs…)

Est-ce que le climat t’a posé problème ?

Non, j’étais intriguée par l’hiver très froid et neigeux et j’ai découvert qu’il y avait plein d’activités à faire et toute la vie est prévue en fonction du climat.

Par contre, je n’avais pas pensé à l’été et j’ai été très agréablement étonnée. Il y fait très chaud, les gens sont toujours dehors et il y a une bonne humeur constante.

Est-ce facile de trouver un appartement à Montréal ?

Oui, les logements ne sont pas chers. C’est aussi très commun de vivre en colocation à n’importe quel âge.

Es-tu toujours dans la même entreprise ?

Non, j’ai déjà fait environ 3 entreprises du web. Je suis maintenant chez TVA (équivalent à TF1).

Est-ce que le marché de l’emploi est dynamique à Montréal ? Y a-t-il des opportunités pour aller travailler là-bas ?

Cela dépend du domaine. Dans l’informatique, oui comme un peu partout. Il est très facile de trouver un petit emploi.

Ensuite pour trouver le bon emploi c’est comme en France. Il ne faut pas s’attendre à ce que ça soit plus facile.

Quelles sont les différences culturelles entre Montréal et Paris ?

Ici, la vie familiale est très importante. La plupart des parents partent du travail vers 17h pour aller chercher leurs enfants. Ça ne pose pas de problème. L’important est de faire son travail.

Le piège dans lequel il ne faut pas tomber, c’est que les Québécois ne sont pas comme nous, même si nous parlons la même langue. L’humour est différent, on ne parle jamais politique, on ne se plaint jamais, on ne fait jamais de débat.

Aussi les gens s’habillent beaucoup plus pratique que fashion. On va au boulot en vélo, on fait beaucoup de sport (mais pas forcement de compétition).

Au sein même du Canada, existe-t-il de grandes différences entre la province du Québec et les autres provinces en terme culturel ?

Oui, je le remarque de plus en plus. Les dernières élections le montrent clairement. Le Québec vote libéral (démocrate) et le reste du Canada est plutôt conservateur (républicain).

La culture est la grande force du Québec. Le reste du Canada ressemble beaucoup plus aux états unis de manière générale.

Au final, cela fait maintenant plus de 8 ans que tu vis là-bas. Est-ce que tu es heureuse d’avoir procédé à ce changement de vie ?

Oui, ça fait maintenant 8 ans que je vis à Montréal. Je pense avoir trouvé la ville où j’aime habiter. Je suis Canadienne depuis plus de 3 ans.

J’y ai trouvé mon mari et nous avons maintenant une fille qui parle québécois. Les principaux atouts du Canada sont les Québécois et leur gentillesse.

Est-ce que tu reviendrais vivre en France et pour quelle raison ?

A l’heure actuelle, ce n’est pas prévu.

Le gros inconvénient du Québec est son système de santé. Tant que la santé est là, tout va bien.

Aussi, le fait que mes parents vieillissent loin de leur enfant et leurs petits-enfants, ça pourrait être un argument pour revenir en France.

Si tu devais recommencer, est-ce que tu t’y prendrais de la même manière ?

Tout à fait. On conseille souvent de venir faire un voyage de repérage avant d’immigrer. Je ne l’ai pas fait. Je trouve que de venir visiter l’été en tant que touriste puis d’immigrer en automne est très trompeur.

Peut-être que j’aurai choisi un visa plus court et plus simple.

Aurais-tu des conseils à donner à nos lecteurs qui souhaiteraient suivre ton exemple ?

C’est très facile d’immigrer à moins de 35 ans. Il y a des stages d’immigration (intégration) d’une semaine à l’arrivée qui sont très utiles pour comprendre les coutumes et, mais aussi pour se faire un réseau (très important).

La colocation, la participation à des activités sportives ou autre est très utile pour se faire des amis et trouver des emplois. Ne pas hésiter à émigrer au risque de le regretter plus tard.

Il y aura des obstacles, mais c’est plus facile qu’on ne le croit.

Liste de sites internet utiles pour partir vivre au Québec

Voici des liens qui vous aideront si vous prévoyez d’aller vivre au Québec :

Immigration Québec

Objectif Québec

Programme Vacances Travail (PVT) Canada

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3 Commentaires

  1. cela fait 4 ans que nous venons mon épouse et moi-meme (retraités francais), nous avons fait constuire une petite maison dans un petit village laurentides. Figurez vous que nous sommes encore considérés a l’aeroport comme des menaces contre le Canada et nous ne passons jamais tranquillement. A tel point que mon fils (28ans) qui est venu nous voir au québec ne souhaite plus revenir de peur de se faire intérroger par l’immigration québécoises.
    on est tres loin de ce que je m’imaginais du Québec, la xénophobie est tres présente surtout envers le francais, je suis vraiment décu.

    • Bonjour,
      merci pour votre témoignage.
      Est-ce que vous avez ressenti cette xénophobie principalement aux services d’immigration ou avez-vous d’autres exemples dans votre vie quotidienne ?
      Peut-être est-ce dû au contexte actuel vis à vis de la France suite aux attentats et donc de la peur des ressortissants français.
      De mon côté, j’ai plusieurs amis français qui vivent à Montreal depuis plusieurs années et ils n’ont jamais eu de problème de ce type.
      Sandrino

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