Mike est au chômage. Il n’a jamais pratiqué de sport d’endurance. Pour reprendre confiance en lui, il se fixe un challenge de taille : faire le triathlon de Paris !

Un témoignage qui donne toutes les bases d’un objectif réussi.

J’ai fait le triathlon de Paris : le témoignage Audio

Transcription texte du témoignage

Salut Mike, pourrais-tu te présenter ?

Je m’appelle Michael, j’ai 34 ans, et je suis en cours de finalisation de ma période estudiantine, car j’ai aussi repris mes études.

Tu as repris tes études… ça fera l’objet d’un autre article (rires). Donc, tu m’as dit que tu avais couru un triathlon cette année.

Exactement, j’ai couru le triathlon de Paris en 2011. C’était une belle aventure, l’aboutissement d’une longue période d’investissement personnel qui s’est révélée parfois compliquée mais très intéressante à vivre, en tout cas. J’ai beaucoup appris sur moi-même.

Qu’est-ce qui t’a décidé à courir le triathlon ?

Je sortais d’une période difficile, j’ai été licencié pour des raisons économiques via un plan social. Je n’avais pas l’obligation de réaliser ma période de préavis et je me suis retrouvé du jour au lendemain chez moi à tourner en rond.

J’ai rapidement pris conscience qu’il me fallait de nouveaux objectifs personnels pour continuer à avancer. Dans ces objectifs, il y avait d’une part le fait de reprendre des études puisque j’avais la sensation d’avoir fait le tour de mon domaine d’activité où j’avais un rôle très opérationnel.

Et d’autre part, j’avais aussi envie de vivre cette période qui m’était offerte de façon positive, en prenant soin de moi et donc de me remettre au sport.

Donc, finalement, plutôt que de te dire : je vais reprendre le sport, aller 2 fois par semaine en salle, tu te donnes directement un objectif très difficile ?

Je ne sais pas si c’était un objectif fou ou pas, mais l’important pour moi était qu’il y ait une finalité. J’avais gardé, dans un coin de mon esprit, un souvenir d’avoir vu se dérouler un triathlon lorsque j’étais plus jeune… J’avais vu en ces athlètes, la personne que je serai jamais. J’avais idéalisé l’image du sportif et de celui qui va au bout des choses.

Le fait de prendre un abonnement en salle et d’aller au sport toutes les semaines, j’ai donné par le passé. Tu es motivé pendant deux mois et puis l’hiver arrive, il fait froid et au final tu préfères rester chez toi, devant la télé, au chaud sur ton canapé. Les trucs classiques… (rires) Donc, l’important était pour moi qu’il y ait un sens à tout ça et rien de tel qu’une échéance !

Et est-ce qu’à ce moment-là de ta vie, tu faisais du sport ou ça faisait un moment que tu n’en avais pas fait ?

Non, ça faisait très longtemps que je n’avais pas fait de sport ! J’en ai eu fait par le passé, bien sûr, mais comme tout le monde, quelques abonnements en club, étant plus jeune. Et puis rapidement tu rentres dans la vie professionnelle, tu t’investis dans ton boulot et les temps libres pour profiter des gens qui t’entourent deviennent plus rares, tu fais des priorités…

Mais tu avais déjà couru au moins un marathon ou quelque chose du genre ?

Non, jamais ! Je n’ai jamais été un adepte des sports d’endurance. Plutôt des sports intenses sur de courtes périodes, comme le tennis, basket malgré ma faible taille ! ou encore la planche à voile, l’été… En revanche, je me suis beaucoup renseigné. J’ai lu beaucoup d’articles sur le sujet et même si les entraînements étaient parfois difficiles, je n’ai pas perdu de vue l’objectif de courir le triathlon.

Et comment t’y es-tu pris finalement ? Par quoi as-tu commencé ?

Je me suis dans un premier temps renseigné afin de savoir si d’autres avant moi et dans les conditions physiques qui étaient les miennes à l’époque avaient déjà fait ça. Fallait-il être surhomme ou pas ? Et par la suite, j’ai recherché les moyens qui me permettraient d’aboutir à mon objectif.

J’ai donc lu beaucoup d’articles sur le sujet, aussi bien ceux concernant le déroulement de l’épreuve que de la préparation, comme les plans d’entraînement, en courses à pieds, natation et vélo, ou encore ceux traitant de l’aspect physiologique et des besoins en apport nutritifs.

J’ai essayé au mieux de m’y tenir. Enfin, j’ai aussi investi mon entourage dans le projet. J’en ai parlé, rapidement, et cela a été quelque chose de très important.

Tu t’es engagé auprès de tes amis, tu leur as communiqué ton objectif au moment où tu as pris ta décision ?

Oui, très rapidement. Je ressentais vraiment le besoin de le faire. C’est une sorte de garantie sur l’avenir 😉 afin d’éviter de craquer au bout de deux mois ! Car une fois que tu as diffusé ton objectif dans ton entourage, aux personnes qui comptent pour toi, tes amis, ta famille, tu t’es engagé.

Si tu arrêtes, tu ne ressentiras pas uniquement une vision négative de toi-même, mais cette vision négative, tu la verras dans le regard de tes proches et cela m’était inconcevable. Plus brièvement, comme tu veux pas avoir l’air idiot, tu t’y tiens…

Et est-ce que tu t’es entrainé seul ou est-ce que tu as joint un groupe de préparation ou un centre d’entrainement, est-ce que ça existe d’ailleurs ?

Il y a des clubs de triathlon qui existent et avec lesquels tu peux t’entraîner. Pour ma part, je ne l’ai pas fait, sans doute parce que je ne me sentais pas au niveau pour rejoindre un club. J’ai fait ça, seul dans mon coin. J’ai par contre enrôlé des amis dans mon aventure, ceux en partie, avec lesquels j’avais communiqué mon objectif.

Ils ont, dans un premier temps, attendu de voir si j’allais tenir ou pas. Puis lorsqu’ils ont vu que je tenais, ils ont rejoint l’aventure et ont couru le triathlon avec moi et depuis ils en ont fait d’autres.

Et toi par contre ?

Pas moi, non. Je me suis attelé à un autre objectif, celui de la reprise de mes études, et je ne pouvais pas cumuler. Je pends les choses les unes après les autres, c’est ma manière de fonctionner.

Combien d’heures par semaine t’es-tu entrainé ?

Le triathlon, j’ai trouvé cela assez impliquant. J’ai réservé 2 à 3 heures d’entraînement tous les deux jours. Je l’ai ressenti comme le temps sensiblement minimum pour réussir.

Mon objectif était de le terminer dans un état qui soit à peu près convenable où tu ne nécessites pas l’intervention des urgences à ton arrivée (rires). Et puis le lendemain, j’avais un entretien afin de pouvoir intégrer la formation que je visais. C’était important de pouvoir marcher…

Cela étant, je pense que ça dépend pour beaucoup de l’état physique et sportif des personnes qui entreprenne ce genre d’aventure. Avec un fort passif de sportif, peut-être que d’autres auront moins d’heures d’entraînement. C’est spécifique à chacun.

Tu t’étais fixé un objectif de temps de course ?

Je ne l’avais pas communiqué, c’était un objectif un peu secret, personnel de le terminer en moins de 3 heures et demie et je l’ai fait finalement en moins de 3 heures.

Pendant combien de mois t’es-tu entrainé ?

Je l’ai préparé sur 3 mois. Avec du recul, si je devais le refaire, je me préparerais plutôt sur 4 à 5 mois.

Tu as perdu combien de kilos dans cette préparation ?

C’est difficile à dire, car tu vois ton corps changer au fur et à mesure de ta préparation. Je n’ai pas perdu tant que ça, je pense entre 4 et 5 kilos maximum

Tu les as repris depuis ?

oui (rires)

Tu m’as raconté une anecdote sur le départ de la course (rires)…

Le triathlon de Paris, ça se passe comment… Il est 8 heures du mat, tu te diriges vers la Seine. Il y a deux départs qui sont donnés. Il y avait en tout 3000 participants. Ils avaient fait deux groupes de 1500 personnes. Ça fait du monde. Nous, on était dans la deuxième vague.

Tu te diriges vers le ponton et tu te jettes à l’eau. J’ai attendu un bon moment avant de me jeter à l’eau pour éviter d’attendre 5 minutes dans l’eau pour rien. Donc j’ai été parmi les derniers à me jeter à l’eau. Et au moment où j’y entre, l’élastique de mes lunettes qui se détache.

J’essaie de le remettre et à ce moment, le coup de départ est donné et j’étais en panique en train de refaire le noeud. Puis une fois remis, j’ai essayé de nager, mais je n’arrivais pas à prendre d’air et j’ai mon cardiofréquencemètre qui se met à biper comme un malade, j’étais à plus de 160 pulsations minute alors que j’avais pas commencé à nager (rires).

Du coup, j’ai du attendre que mon rythme cardiaque redescende, j’ai donc fait la planche pendant deux minutes au milieu de la Seine pendant que je voyais partir mes camarades (rires).

Tu étais tellement en confiance que tu les as laissé prendre de l’avance, c’est ça ? (rires)

C’est ça (rires). Puis au final, une fois que c’est redescendu, j’ai essayé de repartir en crawl. Mais la combinaison me serrait beaucoup au niveau du thorax. Il faut prendre la combinaison à la bonne taille, ce n’était visiblement pas mon cas.

Et je n’arrivais toujours pas à prendre de l’air, sans doute dû au stress de l’épreuve. J’ai donc tout fait en brasse plutôt qu’en crawl, j’ai dû être un des seuls gars à le faire de cette manière (rires).

Ça m’a plutôt bien réussi, car j’ai quand même rattrapé du monde sur cette épreuve et je suis sorti en 40 minutes je crois, ce qui n’est pas exceptionnel, mais bon ça va.

Et tu m’as parlé d’un cardiofréquencemètres ?

oui, c’est un instrument de mesure qui donne l’état des lieux de ton corps. Si tu n’en utilises pas, c’est un peu comme conduire une voiture sans savoir à quelle vitesse tu roules.

Ça te permet aussi de calculer tes distances pendant que tu cours ou à vélo. Ça te donne des indications qui sont importantes pour l’épreuve, notamment pour ne pas te cramer trop rapidement, car c’est vraiment une épreuve d’endurance.

Et donc, au final, c’est une très bonne expérience ?

C’est une super expérience que j’ai très envie de faire à nouveau si le temps me le permet. C’est très impliquant, très difficile de s’y tenir, car au-delà de la volonté, on peut avoir des soucis qui sont liés au corps, à la fatigue.

Ce sont des paramètres qu’il faut apprendre à gérer, on apprend à mieux connaître son corps qui n’est plus quelque chose d’étranger. Et au-delà de ça, ça m’a surtout permis de réaliser une chose.

Auparavant, lorsque je me fixais des objectifs, je ne les tenais pas, j’abandonnais en cours de route. Et ça m’a permis d’aller au bout de ce que j’ai entrepris. Et j’ai trouvé cela extrêmement valorisant en fait.

Tu t’es dit que si on voulait vraiment quelque chose, on pouvait y arriver ?

Oui, c’est un peu l’esprit. J’ai surtout compris que je pouvais réaliser des choses qui étaient à priori, pas si évidentes que ça, pour moi. Ça m’a servi, de déclencheur à plusieurs reprises, notamment au sein de ma formation.

Le fait d’avoir mené à bien cette aventure du triathlon, j’y repense et je me convaincs lorsque je suis confronté à d’autres problématiques, que j’ai pu le faire et qu’il n’y a aucune raison pour laquelle je ne sois pas en mesure de réaliser telle ou telle chose.

Et si tu avais des conseils à donner à d’autres personnes qui voudraient se lancer dans l’aventure, tu leur dirais quoi ?

Prévenez vos potes dès que possible que vous vous lancez, ils seront sans doute garants du bon respect des objectifs que vous vous êtes fixés et sauront vous le rappeler ! C’est important au final, on a tous des objectifs un peu fous dans un coin de nos têtes, dont on se dit qu’on le fera un jour, dans 10 ans, dans 20 ans.

Ce qui important, c’est de les faire maintenant ! Ce sont des belles aventures qui nous attendent et je suis certains qu’il y a beaucoup à en apprendre. Donc, allez-y !

Je pense qu’on a fait le tour. Mike, je te remercie pour ton accueil, cela m’a appris beaucoup de choses. Je ne courrai pas le triathlon (rires).
Merci à toi ! C’est sympa de se rappeler de ces moments ! Et longue vie à BougeTonQ !!


Vous souhaitez avoir plus d’informations sur le matériel utile à Mike pour courir ce triathlon, vous le trouverez dans une interview complémentaire intitulée L’équipement nécessaire pour un triathlon

Interview réalisée par Sandrino

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