Après un CDD chez Sanofi Adventis, Salimata demande à partir en volontariat (VIE) pour son entreprise. Elle a voulu un pays anglophone, elle a obtenu un poste à New York. Écoutez son témoignage enthousiaste.

Note : si vous souhaitez partir à l’étranger et souhaitez améliorer votre anglais, visitez notre page de test des cours d’anglais.

J’ai fait un VIE à New York : écouter le témoignage en Audio

Transcription texte

Bonjour Salimata
Bonjour Sandrino

Je t’interviewe aujourd’hui, car tu es actuellement en VIE à New York depuis un an maintenant et il te reste 6 mois. Tout d’abord, qu’est-ce que le VIE ?

Le VIE signifie Volontariat International en Entreprise et permet aux entreprises françaises de confier à une personne qui a moins de 28 ans une mission professionnelle à l’étranger.

La durée est de 6 à 24 mois et est renouvelable une fois, 24 mois étant la période maximum totale.

Pourquoi es-tu partie en VIE ?

Mon frère avait déjà eu une expérience à l’étranger et cela s’était très bien passé. Cela constitue vraiment un plus de partir à l’étranger, cela m’aura permis d’améliorer mon anglais, qu’il est important de maitriser de nos jours. Et au-delà de l’expérience professionnelle, c’est aussi une expérience de vie.

Et comment as-tu trouvé ce VIE ?

J’étais en CDD pendant 3 ans chez Sanofi Adventis, dans l’industrie pharmaceutique et à l’issue de cette période, j’ai indiqué à mon responsable que je cherchais à partir à l’étranger dans un pays anglophone et avec une culture anglophone.

Cela restreignait un peu le choix, car c’était soit les États-Unis, l’Australie ou le Royaume-Uni. Ce dernier ne m’attirait pas vraiment d’ailleurs. Il faut aussi savoir que le site où je travaille n’est pas à NY même, mais à Bridge Water dans le New Jersey.

Ah ! Ce n’est pas exactement la même chose alors (rires)

Non, ce n’est pas du tout la même chose (rires). Au départ, je ne devais pas vivre sur NY. J’ai accepté en me disant que je verrai bien sur place. Mes amis me disaient que Bridge Water est une ville résidentielle un peu perdue, que j’allais m’ennuyer si j’allais vivre là-bas.

Surtout sans voiture, car tu ne conduis pas, de mémoire ?

Non, je n’ai pas le permis.

Aux États-Unis, sans voiture, si tu n’es pas dans une grande ville, tu ne peux rien faire.

C’est tout à fait ça. Je suis tout d’abord restée le premier mois à l’hôtel dans le New Jersey en attendant de trouver un appartement à NY, car j’ai appris, à mon arrivée, que je pouvais vivre à NY et qu’il était impossible de vivre dans le New Jersey sans voiture.

La voiture est reine. Un exemple : On avait près de notre hôtel un petit centre commercial qui est à 3 minutes à pieds de celui-ci. Mais il n’y a aucun passage piéton de prévu, car pour eux, aller au centre commercial, tu y vas forcément en voiture.

C’est une façon de vivre totalement différente. Heureusement, j’ai eu la chance de pouvoir aller vivre sur NY. Sanofi nous offre une indemnité logement, car ils savent que les jeunes qui viennent en VIE là-bas ne voudront pas vivre dans une ville comme Bridge Water qui est une ville résidentielle où tu t’ennuies. J’ai donc trouvé un appartement à Manhattan.

Quand j’ai fait l’entretien, on m’avait dit que j’avais la possibilité de vivre à NY, j’étais surprise et contente, c’était génial. Et ça a été une motivation pour y aller.

Tu fais des footings à Central Park ou pas ?

Non, car je ne cours pas (rires). Je ne suis pas sportive mais il y a plein d’autres choses à faire là-bas. Quand on dit que NY est une ville qui ne dort jamais, c’est tellement vrai. Il y a tout le temps quelque chose à faire.

L’inconvénient d’être à NY, c’est le transport matin et soir pour aller travailler dans le New Jersey.

Oui, j’ai deux heures et demie de transport par jour, mais c’est le prix à payer pour être à Manhattan et ça vaut largement le coup.

En terme administratif, une fois que tu te mets d’accord avec une entreprise pour un VIE, c’est simple à gérer ?

Disons que j’ai l’avantage d’être dans une grande structure comme Sanofi qui gère beaucoup de VIE. Il y a quelqu’un qui s’occupe de tout, ce qui fait que tout est très simple pour moi.

Et quand tu es partie, qu’as-tu emmené dans ta valise ? Tu as fait des choix ou tu as emmené toutes tes affaires, sachant qu’avec une femme, ça peut être beaucoup de vêtements. (rires)

Non, je n’ai pas emmené beaucoup d’affaires, car j’avais le droit à une valise de 23kg seulement. Mais je savais que de toute façon, j’allais à NY, capitale du shopping, j’allais donc acheter pas mal de choses ici (rires).

Finalement, c’est quand tu vas revenir que tu vas avoir un problème

Effectivement, je ne sais pas comment je vais faire pour ramener toutes les affaires que j’ai achetées.

Et en terme de différence culturelle entre les États-Unis et la France, est-ce que tout s’est bien passé ?

C’est vrai que culturellement parlant, c’est différent. Après, c’est pas comme si tu allais en Asie avec une culture très différente. L’adaptation a été bonne et puis on grandit quand même dans la culture américaine avec les séries US comme Friends par exemple.

Du coup, il y a pas mal de choses qu’on connait. C’est peut-être aussi parce que c’est NY qui est une ville cosmopolite. Les différences sont mineures et ne posent pas de problèmes.

Et professionnellement parlant, la façon de travailler est-elle différente ?

Oui, côté professionnel, il y a de grandes différences. On te félicite sans cesse. J’ai un nombre innombrable de mails où ma chef m’écrit « good job Salimata »  alors qu’en France, c’est quand même plutôt rare.

Un autre aspect positif, c’est qu’ils sont toujours en train d’essayer d’améliorer les choses. Par exemple, cela faisait à peine deux mois que j’étais là-bas, mon chef me demandait déjà « qu’est-ce que tu penses de moi, qu’est-ce que je pourrai améliorer ? ».

Une remise en cause en permanence dans le but de s’améliorer ?

Exactement. Cela se produit également dans les magasins où tu trouves souvent des enquêtes de satisfaction client. Je trouve ça vraiment bien.

Tu penses que cela te permettra de changer ta vision ou ton comportement à ton retour en France ?

Oui dans le cadre professionnel, il y a des choses que j’appliquerai en France, surtout si je deviens Manager dans le futur.

Tu es partie seule. Est-ce que c’est difficile de se faire des amis ? Est-ce que tu restes entre Français ou as-tu fait la connaissance de personnes d’autres pays ?

Quand je suis partie en VIE, on était trois Français à partir en même temps, je n’étais pas vraiment seule. Mais quand j’ai déménagé dans mon appartement à NY, j’avoue que ça fait bizarre de se retrouver seule dans un appartement vide, mais ça a été la seule fois.

Ma famille me manque parfois, mes amis aussi, mais ça va. Après tout dépend de la nature des gens. Moi, je ne suis pas du type à aller voir les gens pour leur parler. C’est pour cette raison que je n’ai pas fait beaucoup de connaissance, mais je me suis fait une très bonne amie américaine.

Est-ce que c’est difficile de se faire des amis aux États-Unis ?

Disons que je suis dans un cadre professionnel. Ce n’est pas comme si j’étais dans un cadre universitaire avec des jeunes de mon âge où tu peux créer plus facilement des relations.

C’est probablement aussi lié au fait que tu n’habites pas dans la ville où tu travailles. Tu ne peux pas sortir aller boire un verre après le boulot dans un pub, car tu habites loin, ça crée moins d’affinités.

Exactement. Quand tu mets 1 h 30 pour rentrer chez toi, tu ne t’attardes pas beaucoup sur place après le boulot.

Ton VIE n’est pas encore terminé, il reste 6 mois, mais peux-tu nous dire si tu es déjà contente d’être partie ?

Totalement. Je suis tellement contente que j’aurais aimé prolonger mon VIE.

Tu m’avais dit que le VIE pouvait aller jusqu’à 24 mois tout à l’heure. Tu ne peux pas prolonger ?

Aux États-Unis, ce n’est pas possible. Le délai maximum d’un VIE ici est de 18 mois non renouvelables.

Et si tu avais une proposition d’une entreprise sur place, tu pourrais rester ?

Oui, si je trouve une entreprise qui accepte de me sponsoriser, je pourrais avoir un visa pour travailler là-bas, avec un contrat local. Mais ce n’est pas forcément évident de trouver.

Est-ce que tu as une petite anecdote à nous raconter ?

J’ai une histoire, sur le coup, ça ne m’avait pas fait rire, mais je vais la raconter. C’était le jour où je devais aller sur Manhattan pour signer mon bail de location. Je quitte Bridge Water et m’arrête à une autre ville pour retirer de l’argent sauf que je n’ai pas réussi à retirer de l’argent.

Cela ne fonctionnait pas, j’ai fait deux erreurs dans mon code. J’abandonne et prends le train avec un peu d’argent que j’avais sur moi. Cela me permettait d’aller à Newark qui n’est pas très loin de NY, mais je n’avais plus d’argent sur moi.

J’appelle ma mère pour qu’elle me rappelle mon code, mais c’était visiblement le bon. J’essaie alors d’acheter un ticket pour NY au guichet, mais ma carte ne fonctionne pas. Je ne savais vraiment pas quoi faire. La femme au guichet me renvoie vers le service client.

Je leur explique mon histoire et l’homme en face de moi me dit que pour les gens comme moi qui n’ont pas d’argent pour acheter un ticket, on leur offre des tickets gratuits ! J’ai peu enfin rejoindre Manhattan à temps pour signer mon contrat.

Est-ce que tu aurais des conseils à donner pour des personnes qui souhaiteraient partir en VIE comme toi ?

En fait, quand tu passes par le VIE, c’est plutôt bien cadré. Une fois que tu as trouvé une entreprise, tu signes le contrat, tu es bien pris en charge. Pour trouver un VIE, tu peux aller sur le site civiweb.

Le mieux reste sans doute d’être déjà dans une entreprise internationale, par exemple en stage ou en CDD, car tu es déjà connue de l’entreprise. Ils peuvent plus facilement te proposer un VIE dans une de leur filiale à l’étranger.

Finalement, le fait de faire un stage dans une entreprise peut être un bon plan pour avoir d’autres opportunités par la suite via la même entreprise.

Oui. D’ailleurs, nous sommes une dizaine de VIE là où je suis actuellement et les trois quarts ont déjà eu une expérience chez Sanofi en France.

Merci Salimata. Je te souhaite un bon retour aux Etats-Unis, profite de 6 derniers mois et j’espère que tu trouveras une opportunité pour rester sur place.

Merci Sandrino.

Pour aller plus loin : 

N’hésitez pas à consulter le site Civiweb ainsi que notre rubrique Témoignages.

Interview réalisée par Sandrino

J’ai fait un VIE à New York, un témoignage de Salimata
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