Comment j'ai surmonté la peur et donné mon sang
Photo credit : Bada Bing

J’ai attendu l’âge de 32 ans pour mon premier don du sang. Il s’agissait d’un hasard. J’avais une amie qui allait en donner et qui m’a proposé de l’accompagner.

Quand elle m’a demandé « pourquoi n’as-tu jamais pensé à donner ton sang avant ? », je n’ai pas su quoi répondre.


Personne dans ma famille ne donne son sang, j’avais connu le scandale du sang contaminé pendant mon adolescence et j’avais en plus une hantise des seringues.

C’était un moment que je redoutais, je détestais cela et je m’en faisais toute une montagne. Bref, je n’étais pas un bon client.

Donner son sang : il faut un début à tout

Ce jour-là, lorsque j’ai accompagné cette amie, je me suis quand même informé sur les procédures en vigueur concernant le don du sang. J’ai aussi regardé comment se déroulait la collecte et compris que la sécurité du donneur comme celle du receveur était bien au cœur du processus.

J’ai aussi parlé à un médecin sur place. J’ai alors pris la décision de donner mon sang ce jour-là et régulièrement depuis.

Pourquoi ? Tout d’abord parce que j’étais confiant. J’avais vu que les matériels utilisés, notamment les seringues, sortaient de leurs emballages et n’avaient jamais été utilisés auparavant.

J’avais aussi eu toutes les explications que j’attendais, des réponses à tous mes doutes. J’ai aussi appris, ce jour-là, que mon groupe sanguin (O-) était très recherché, car groupe de donneur universel pour les dons de sang total.

Ce sentiment, que j’avais pris pour de la fierté de prime abord, était plus proche d’un éveil du sens des responsabilités.

Car j’avoue ne pas avoir fait le fier cette première fois, entre la peur de la seringue, et du prélèvement de mon sang. Mais heureusement, tout s’est bien passé.

Je n’ai pas regardé la seringue, le prélèvement a été plutôt rapide, 10 minutes environ, et cela ne fait pas mal. Bref, un peu de stress bien sûr, mais rien de bien méchant, quand on sait en plus que ce sang a une grande utilité pour d’autres.

Ce qu’il faut savoir sur le don du sang

Il existe plusieurs types de dons du sang. Pour une première fois, un Don du Sang Total (DST) est le plus rapide et hormis la quantité de sang prélevé qui est bien sûr plus importante, la procédure est identique à une prise de sang.

Bien entendu, et afin de préserver la sécurité du donneur, mais aussi du receveur, il y a des règles pour pouvoir donner son sang.

Vous les retrouverez sur le site de l’Établissement Français du Sang (EFS).

Et voici un petit tableau intéressant :

Répartition des groupes sanguins dans la population
O A B AB
Rhésus + 36 % 37 % 9 % 3 %
Rhésus – 6 % 7 % 1 % 1 %

Le donneur universel pour les DST est le groupe O-
Le donneur universel pour les dons de plasma est le groupe AB

Où donner son sang ?

En France, en décembre 2012, il existait 151 centres fixes et 40 000 points de collectes mobiles. Les centres fixes sont généralement liés à des hôpitaux.

Les collectes mobiles se font soit en entreprise, soit dans des camions de l’EFS qui parcourent la France. Pour trouver un centre de donation, il suffit de se rendre sur le site internet de l’EFS :  où vous trouverez non seulement la liste des sites fixes, mais aussi les dates et lieux exacts où seront situés les collectes mobiles.

Si vous vivez en Belgique, Suisse ou au Québec, nous listons les sites Internet des organismes similaires à l’EFS à la fin de l’article.

Conclusion

J’avais de nombreuses raisons pour ne pas donner mon sang. Pourtant sur le fond, j’ai toujours su que c’était une chose que je devais faire un jour un l’autre. Le fait d’avoir été accompagné a été un élément déclencheur.

C’est toujours plus facile d’être accompagné lors d’une première fois. Comme souvent, une fois que je suis passé à l’action, je me suis rendu compte que mes résistances étaient sans fondement. Depuis, c’est un geste que je fais régulièrement.

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Article rédigé par Sandrino

3 Commentaires

  1. Ma première tentative de don du sang en 1988 en Finlande était un échec. A l’époque, j’étais surtout animé par un sentiment de devoir civique qui m’obligeait à dissimuler ma peur. Conséquence: après dix minutes et la poche de sang seulement à moitié remplie, l’infirmière était obligée d’arrêter la démarche. Ultérieurement, même une prise de sang pour analyses médicales a échoué car mon sang coulait à trop faible débit. Si bien que la simple idée d’une piqûre intraveineuse me provoquait désormais la sensation d’une convulsion dans la zone à piquer, donc une angoisse bien plus forte qu’initialement. Ensuite, je me suis expatrié, ce qui m’a empêché de revenir sur le sujet pendant un quart de siècle. En 2014, une modification de la réglementation a rendu éligible au don du sang en Finlande tout ressortissant finlandais résidant non plus uniquement dans un des pays nordiques mais dans n’importe quel État membre de l’UE. Cela m’a poussé à essayer à nouveau en Finlande dont la langue est ma langue maternelle. En attendant l’occasion de m’y rendre, j’ai beaucoup trop longtemps ruminé les circonstances et les mécanismes qui pouvaient être à l’origine de l’échec en 1988. J’ai vite compris que la simple idée d’un don du sang était devenue évocatrice des souvenirs associés non seulement aux circonstances concrètes de la tentative échouée mais aussi, de façon indirecte, de tout ce qui m’embarrassait à l’époque. Un don du sang réussi suffirait donc a priori pour effacer les mauvais souvenirs à jamais. Mais pour sauter le pas, il fallait que je puisse être sûr à l’avance que la nouvelle tentative ne se soldera pas elle aussi par un échec, auquel cas je me trouverais poussé plus au fond dans l’impasse dont je voulais sortir.
    Le chemin vers ces conclusions passait par une lecture de tout genre de textes et de videos parfois sérieux parfois amusants dans les différentes langues dans lesquelles je sais lire, afin de me faire une image positive du déroulement concret de l’acte de don du sang. Je suis tombé entre autres sur un site facebook dont l’auteure motivait ses lecteurs à aller donner du sang car c’est rapide, ça ne fait pas mal et ça sauve des vies. Selon elle, « en plus, vous pouvez même demander à l’infirmière de vous dessiner un coeur sur le bras ». Impossible de comprendre pourquoi cette dernière phrase m’a particulièrement amusé. Je me suis dit que si une gentille infirmière me promettait un geste aussi chaleureux et humoristique, voire cordial au sens littéraire du terme, en échange de mon effort, cela parviendrait à me détendre en attendant de voir si la nouvelle tentative réussira ou non. Au centre de transfusion sanguine en Finlande, j’ai eu la chance d’être pris en charge par une infirmière qui m’a bien écouté et bien compris. Rassuré, je me suis allongé et je me suis laissé faire. Dès les premiers instants après la piqûre, je voyais sur le compteur de l’appareil que cette fois-ci, les millilitres de mon sang coulaient rapidement et que la poche de sang allait donc se remplir sans aucune difficulté. Victoire qui s’est immédiatement substituée aux anciens souvenirs. Victoire qui m’a prouvé que j’en suis capable moi aussi. Victoire après laquelle je suis sorti fier et joyeux du centre de transfusion, portant sur le bras un bandage blanc et, à côté, un très joli coeur au feutre rouge. Le bandage étant un signe visible du geste que je venais d’accomplir, et le coeur un signe visible du sens profond de ce geste.

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