Il y a huit ans, j’étais en charge d’un pole informatique.

Mon rôle était de m’assurer que l’informatique fonctionne correctement. Dans les faits, mon activité principale était de gérer des problèmes et des imprévus.

Dans ce type de poste, comme dans d’autres, il y a un grand nombre de sujets à gérer en urgence et peu de temps pour réfléchir et anticiper.

J’avais la tête dans le guidon et je ne comptais pas mes heures.

Le soir, je rentrais chez moi vidé de mon énergie.

Je sautais des séances de sport car j’étais trop fatigué. Je n’étais pas non plus motivé pour sortir et voir mes potes, ni pour une activité créative (écrire, composer, …).

Le canapé et les séries TV étaient devenus mes amis.

Je ne vivais pas ma vie, je la subissais.

Je ne prenais pas le temps de me poser des questions importantes :

  • est-ce que cette vie me convient ?
  • Qu’est-ce que j’aimerais vraiment faire dans ma vie ?
  • Et comment y parvenir ?

Cet article a été rédigé dans le cadre de l’évènement  À la croisée des blogs sur le thème Ralentir pour réussir qui est organisé ce mois-ci par Alexandre du blog Ceclair.

Le quotidien du Métro-boulot-dodo

J’ai vécu de cette manière là pendant plusieurs années.

Une vie réglée comme une horloge « métro, boulot, dodo » où ma seule préoccupation était de bien faire mon travail. La carotte que me donnait l’entreprise était mon salaire et les vacances qui me permettaient de décompresser avant de repartir au charbon.

Je n’étais pas heureux de faire ce que je faisais mais je le faisais par habitude et par peur de changer de travail et sortir de ma zone de confort.

Mais je ne voulais plus de cette vie là.

Se poser et réfléchir à sa vie

Je me suis posé et ai donc réfléchi à ce que je pouvais changer. J’ai pris le temps que je ne m’étais jamais alors accordé jusque là.

A cette époque, je ne savais pas exactement ce que je souhaitais faire ni ce pour quoi j’étais fait. Après 11 ans dans la même entreprise, je ne connaissais pas mes capacités et mes limites.

N’ayant qu’un BAC+2, je n’étais pas à l’aise pour changer d’entreprise. Face à ces incertitudes, j’ai donc d’abord décidé de reprendre mes études pour avoir un Master (BAC+5).

Ce diplôme me donnerait plus de chances de trouver un autre boulot si je souhaitais quitter mon entreprise.

Une demande de formation, une nouvelle vie

J’ai fait une demande de congé formation (CIF). La demande m’a été refusée par le fonds de formation…

J’ai fait appel avec une lettre personnelle et intime : je voulais cette formation !

Ma demande a été acceptée en appel.

Le jour de la rentrée, ce premier jour, lorsque je suis arrivé dans la salle de cours, j’avais un énorme sourire aux lèvres : j’étais le plus heureux des hommes.

Je savais que je débutais une nouvelle vie.

Je ne savais pas où cela me mènerait mais je savais que ma vie allait connaître des changements.

Pendant cette année de formation, je me suis fait des amis et je me suis découvert des aptitudes que je ne me connaissais pas.

J’ai surtout réalisé que j’avais passé mes dernières années à ne pas réfléchir !

Se retrouver et devenir à nouveau heureux

Pendant des années, mon cerveau était en mode OFF. Tout ce que je faisais était de répondre à des urgences, recevoir/envoyer des mails, coordonner des actions et assister à des réunions.

Pendant cette année d’études, on me demandait de faire des recherches, de réfléchir sur des domaines que je ne connaissais pas, et d’exposer le résultat de ces recherches devant mes camarades de classe.

Mon cerveau s’était mis à fonctionner à nouveau. Il était même en ébullition.

De plus, malgré les « devoirs », j’avais beaucoup plus de temps pour moi que lorsque je travaillais.

J’en ai profité pour me remettre à la guitare que j’avais délaissé depuis plusieurs années.

Je me suis fait des amis parmi mes camarades.

Je sortais plus souvent.

Je revivais.

J’étais heureux.

Le retour à la mine

Lorsque cette année d’étude s’est terminée, je disposais de ma première année de Master (BAC+4).

J’ai repris mon travail et me suis inscrit en deuxième année dont j’ai financé une partie du coût via un CIF (CPF depuis janvier 2015).

Je ne pouvais pas assister aux cours en journée car j’étais de retour à mon travail mais j’avais peu de cours à suivre car je m’étais avancé pendant la première année (je remercie l’université qui a été assez souple pour me le permettre).

Puis vint mon entretien annuel. Cet entretien où votre chef vous dit qu’il est très content de vous, que vous avez bien bossé, puis coche « conforme aux attentes » et finit par la phrase « ce n’est pas moi qui gère les augmentations ».

Bien entendu, quel que soit la qualité de votre travail, l’augmentation était toujours de l’ordre de 1 à 3%…

Ce jour là, j’ai su que j’allais partir. Je ne savais toujours pas pour quelle entreprise ou poste mais j’allais partir.

L’opportunité qu’il ne faut pas louper

Je ne crois pas au destin.

En revanche, je crois aux opportunités.

Deux mois plus tard, on annonce un plan de départ volontaire (alias plan social).

Je me suis inscrit et ai monté un dossier béton qui a été accepté.

Mais vous devez comprendre une chose importante : si je n’avais pas repris mes études, je n’aurais jamais eu le courage de quitter mon entreprise. JAMAIS.

J’ai profité de cette opportunité pour changer de vie.

Mais sans cette réflexion sur ma vie et la décision de partir en formation, je serais toujours dans ma société à gérer des problèmes informatiques à longueur de journée.

Une vie plus heureuse n’est pas le fruit du hasard

Huit ans plus tard, je me suis spécialisé dans un domaine qui me passionne. Je travaille à mon compte pour de grandes entreprises.

Je choisis mes missions et je m’accorde du temps entre mes missions.

Depuis trois ans, chaque année, je me pose et je réfléchis sur ma situation.

Est-ce qu’elle me convient ? Est-ce que j’ai de nouvelles aspirations ? Et si oui, comme me diriger vers ces aspirations (vous pouvez utiliser le mot « objectif » mais je préfère « aspiration »).

Ce changement de vie m’a permis de créer deux blogs et de me remettre à la composition de musique.

J’écris et je compose pour le plaisir. Mais la création de blogs ou la composition m’offriront peut-être d’autres opportunités de vie par la suite…

Je ne crois pas aux opportunités qui arrivent tout droit dans le creux de la main.

Il faut préparer le terrain et provoquer les opportunités pour pouvoir mieux les saisir quand elles se présentent.

Cela m’a pris du temps pour arriver à ma situation actuelle. Je n’aurai jamais pu faire ce changement rapidement.

En revanche, le fait de m’être posé et réfléchi sur ma situation m’a permis d’y arriver progressivement.

Et lorsque je me repasse le film de ces dix dernières années, je vois une évolution positive qui n’est pas liée au hasard, comme nous le rappelle le livre l’éloge de la chance.

Pourquoi aller plus vite ? Pourquoi ne pas ralentir ?

Ce que m’évoque le thème « ralentir pour réussir », c’est ce recul qu’on a beaucoup de mal à prendre quand on est à fond dans un boulot.

Mais cela pourrait être le cas si vous êtes à fond sur votre blog ou dans une autre activité que vous lancez et dans laquelle vous êtes pressé de réussir.

Lorsque l’on n’est pas heureux de sa situation, lorsque l’on a un objectif qui nous tient à coeur, on est pressé que cela se produise.

On veut aller vite.

Alors que les changements sur le long terme doivent se préparer lentement.

Il faut réfléchir, planifier et prendre son temps.

Puis revoir chaque année si on prend la bonne direction ou si l’on a dévié de sa route.

Devriez-vous changer de vie ?

Posez vous un week-end au calme et réfléchissez à votre vie.

Prenez du recul et demandez-vous si vous aimez vraiment ce que vous faites.

Demandez-vous si vous êtes dans une entreprise que vous aimez, si vous appréciez vos collègues, si vous aimez votre activité.

Est-ce que vous restez par habitude ou est-ce que vous restez parce que vous aimez ce que vous faites ?

Est-ce que vous êtes heureux ou pas ?

Si ce n’est pas le cas, n’attendez pas de vous faire virer comme un malpropre pour déprimer en mal de confiance et vous plaindre : « zut, comment je vais trouver du boulot avec aucun diplôme ou après avoir occupé le même boulot pendant 15 ans… ».

Vous devez prendre le contrôle de votre vie.

Prenez le contrôle de votre vie !

Voici les possibilités qui s’offrent à vous :

  • partir en formation pour parfaire vos connaissances ou vous reconvertir
  • changer de boulot dans la même entreprise
  • quitter l’entreprise pour un boulot dans le même domaine d’activité
  • quitter l’entreprise pour vous lancer dans une activité à votre compte
  • rester à votre poste mais lancer une activité secondaire (blog par exemple)
  • rester à votre poste et vous plaindre à longueur de journée 🙁

Personnellement, j’ai arrêté d’écouter mes potes qui se plaignent mais qui ne se bougent pas pour faire évoluer leur situation…

Mon premier conseil, c’est de reprendre vos études.

Reprenez vos études

L’avantage de partir en formation à temps plein est que vous allez :

  • rencontrer de nouvelles personnes,
  • vous faire des amis (peut-être rencontrer l’Amour),
  • sortir de votre zone de confort,
  • reprendre confiance en vous,
  • réapprendre à réfléchir,
  • apprendre à vous connaître,
  • apprendre de nouvelles choses.

Je vous le conseille si vous êtes restés pendant longtemps sans vous bouger. Personnellement, j’ai énormément gagné en moi en reprenant mes études.

Utiliser votre pactole pour changer de vie

Si vous avez un pactole de côté (suite à un plan social par exemple), vous pourriez avoir envie de profiter de la vie : faire le tour du monde, ou arrêter de bosser pour réfléchir.

Ok, faire le tour du monde, c’est bien. Ne plus rien faire pendant un an, c’est bien.

Mais si vous ne vous donnez pas d’objectifs, vous allez cramer votre pactole et devoir retrouver un boulot qui ne vous plait pas.

Le souci quand on a de l’argent et du temps, c’est qu’on prend tellement son temps qu’on  ne se donne pas de limite. Résultat : le retour à la vie « normale » fait mal.

Profiter de la vie, c’est bien mais il faut avoir une stratégie pour la suite.

Changer de vie, ça se prépare

Donc, si vous souhaitez changer de vie, faites-le sérieusement et avec une stratégie.

Prenez exemple sur l’exemple d’Alessandra et Olivier qui ont tout quitté pour ouvrir un restaurant !

Changer de vie et d’activité, ça se prépare dès aujourd’hui car ça prend du temps.

Si vous rêvez de partir bosser en Californie mais que vous êtes mauvais en anglais, pourquoi ne pas prendre dès aujourd’hui des cours d’anglais.

N’attendez pas le jour où vous aurez une opportunité de vous y rendre et où vous serez refusé à cause de votre niveau d’anglais !

Vous souhaitez faire de la photo ? Vous trouverez une multitude de blogs de bonne facture pour vous aider à apprendre les techniques.

Vous avez une immensité de choix. Les ressources ne manquent pas sur le changement de vie ou l’apprentissage de nouvelles compétences.

Il ne manque plus que vous !

Mais n’oubliez pas : prenez votre temps et ne vous perdez pas en route…

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Sandrino

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3 Commentaires

  1. Merci pour cet article. C’est toujours sympa de voir que d’autres personnes changent de vie pour être plus heureuse. Il reste toujours les questions de la peur de franchir le premier pas et le qu’est-ce qu’il se passe si je perds toutes mes économies? Mais sincèrement, parmi les gens que vous connaissez qui ont changé de vie, combien se sont retrouvés à la rue?

    • Bonjour Simon,

      merci pour ton commentaire.

      La difficulté du premier pas est liée à la peur de sortir de sa routine et de l’inconnu. Ce qui me parait le plus important pour se motiver à se lancer, c’est de penser à notre objectif final. Il faut se projeter dans le futur si on reste dans notre situation actuelle et si on atteint notre idéal. Cela nous donne la force de vouloir changer.

      En ce qui me concerne, je voulais me prouver que j’en étais capable et je n’étais pas heureux à mon boulot. Le fait de n’être pas heureux dans sa situation, c’est le levier le plus important pour vouloir changer.

      Concernant l’aspect financier, il est possible de se lancer dans des changements de manière progressive ou non risquée pour ses économies. On peut utiliser le crowdfunding, les aides de pole emploi si on y est inscrit, on peut partir en congé formation et en profiter pour monter en parallèle notre futur projet tout en ayant une sécurité financière.

      Pour les changements où il faut engager un capital, il est utile de s’y mettre à plusieurs pour diminuer et répartir le risque. Après, on a rien sans rien. Plus on vise haut, plus il faudra s’investir (à moins d’être chanceux et de gagner au loto…).

      A bientôt.

      Sandrino

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